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La théorie de la demande d’actifs

Les actifs constituent des éléments du patrimoine. On distingue[1] quatre types d’actifs : actifs corporels reproductibles qui englobent les stocks, les bâtiments, le matériel, le cheptel ; les actifs corporels non reproductibles qui sont constitués notamment des terres, des ressources naturelles et des œuvres d’art ; les actifs incorporels non financiers tels les brevets, les droits d’auteur, les marques de fabrique et les baux (pluriel de droit de bail) et enfin les actifs financiers tels les monnaies, les crédits et les instruments de placement à savoir les actions, les obligations, etc.

Ces actifs constituent tous des biens qui peuvent servir comme réserve de valeur. Cependant, le choix d’un actif au lieu d’un autre dépend de certains motifs. Ces motifs sont les suivants :

– La richesse : la demande d’actifs dépend de la richesse de l’individu. Au fur et à mesure que celle-ci s’accroît, la demande d’actifs augmente également. Toutes choses égales par ailleurs, une augmentation de la richesse accroît la quantité demandée d’un actif quel qu’il soit.

– Le rendement anticipé : le rendement d’un actif correspond au gain résultant de sa détention durant une période donnée. L’achat d’un actif est influencé par le rendement que l’acheteur anticipe de cet actif. Ainsi si les conjoncturistes estiment, pour un actif déterminé, une récession de r% et une croissance de c% avec une probabilité d’un demi (50%) chacun, le rendement anticipé est la moyenne de ces rendements, soit (r% * 50% + c% * 50%)[2]. Si la perspective de récession disparaît, le rendement de l’actif augmente et il devient intéressent d’en détenir ;  par conséquent la demande de l’actif augmente, toutes choses égales par ailleurs.

– Le risque : le degré de l’incertitude  ou  de risque  qui affecte un actif constitue également un élément à prendre en considération lorsqu’on traite la demande d’actifs. En général, les agents économiques ont une aversion contre le risque ou l’incertitude. Un agent qui cherche à assurer un rendement sûr de son portefeuille optera pour des titres offrant des rendements sûrs telles les obligations d’État ou bénéficiant de la garantie de ce dernier. Pourtant, les spéculateurs acceptent de courir le risque, parfois plus élevé, pour réaliser des gains colossaux en capital, bien sûr lorsque leurs pronostics se réalisent.

On peut donc dire que le degré de risque affecte la demande d’actifs. Ainsi, plus le risque inhérent à un actif est déterminant par rapport aux autres actifs, plus la demande de cet actif diminue, toutes choses égales par ailleurs.

– La liquidité: La liquidité peut être définie comme étant « l’aptitude d’un actif à être convertible en moyen de règlement, à brefs délais et sans coût »[3].

Lire aussi  Le Classement des pays par leur richesse

La liquidité du titre dépend des caractéristiques du marché sur lequel il est échangé. Gravelle en 1999[4] distingue  quatre dimensions dans la liquidité de marché : l’immédiateté qui nous renseigne sur la rapidité avec laquelle une opération peut être conclue ; la profondeur ; l’ampleur et la résilience (voir la figure 1.1).

Un actif est considéré liquide si le marché sur lequel il est échangé a de la profondeur et de la largeur, c’est-à-dire s’il y a beaucoup d’acheteurs (qui proposent un cours acheteur) et de vendeurs (qui proposent un cours vendeur) en permanence.

Ainsi, les immeubles sont, naturellement, peu liquides car il est difficile de faire rencontrer, rapidement, un acheteur et un vendeur. De plus, les coûts de transactions sont élevés tels les frais de notaires.

Au contraire, les titres portant la signature de l’État sont réputés les plus liquides (il est facile de trouver un acheteur et ces titres portent généralement un rendement fixe au départ).

Quant aux actions, leur liquidité est remise en cause, car une action peut être liquide aujourd’hui et ne pas l’être demain ou après une heure (et peu être moins si des rumeurs existent).

En général, plus un actif est liquide relativement aux autres actifs, plus la demande pour cet actif augmente, toutes choses égales par ailleurs.

Figure : la liquidité du marché

source : ARNAUD BERVAS, La liquidité de marché et sa prise en compte dans la gestion des risques, (http://www.banque-france.fr/)

Bencivenga, Smith et Starr en 1996 ; Bencivenga en 1992, ont affirmé que la liquidité permet à l’investisseur d’altérer rapidement au moindre coût son portefeuille. De ce fait, elle rend l’investissement moins risqué et facilite des investissements plus rentables à long terme[5]. Demirgüç-kunt et Levine, 1996 ; Lawrence K. Duke, 1993, 1988; Levine et Zervos 1996, voient que la liquidité constitue un déterminant sine qua non du développement da la bourse. La raison est qu’elle contribuerait à améliorer l’allocation des ressources et accélérer ainsi le processus de la croissance économique à long terme[6].


[1] ECHAUDMAISON, C.-D. Op, Cit

[2] MISHKIN, Frederic. Op, Cit. p.112

[3] ECHAUDMAISON, C.-D. Op, Cit.

[4] CROCKETT, Andrew. (2008). « Liquidité de marché et stabilité financière », Banque de France, Revue de La stabilité Financière – Numéro spécial liquidité  N° 11 Février.

[5] MANSOURI, Brahim. (1998). « Développement des marchés boursiers et développement économique : cas du Maroc », Revue marocaine d’économie et de droit comparé, N° 30.

[6] MANSOURI, Brahim. Op, Cit. Voir aussi , Demirgiiu-Kunt and Ross Levine, “Stock Market Development and Financial Intermediaries: Stylized Facts”, world bank, mai 1995 et Ross Levine and Sara Zervos, « Stock Market Development and Long-Run Growth », World bank.

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