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L’offre et la demande, le commissaire-priseur et le tâtonnement

Traders à Wall Street

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L’application de la théorie du tâtonnement de Walras a La bourse des valeurs. Lorsqu’on parle du tâtonnement, on cible directement le courant néoclassique. Il apparaît inhabituel de parler des questions boursières chez les néoclassiques et notamment chez les pionniers. Car les économistes qui représentent cette école n’ont pas traité de façon directe ces questions. En plus, si on revient à l’histoire de l’évolution de la bourse, on se rend compte que celle-ci n’a pris une telle forme qu’au XVe siècle qui coïncide avec le développement de l’échange et l’apparition de nouveaux moyens de paiement reposant sur le crédit. C’est toutefois au XIXe siècle que les bourses de valeurs connaissaient un véritable essor.C’est à cette époque que le capital s’investit en actions d’entreprises. En l’occurrence, à cette même époque, les néoclassiques commençaient à apparaître (en 1870 avec la révolution marginaliste) et plus précisément en 1898, date qui coïncide avec la publication du premier ouvrage de Léon Walras « Éléments d’économie politique pure ». D’après ce traçage chronologique, on peut dire que l’avènement des néoclassiques coïncide avec le développement du marché boursier, mais, ces économistes n’ont pas prêté d’importance à ces événements et commençaient à forger les piliers d’une pensée qui prenait à l’époque une forme embryonnaire.

Léon Walras a édifié une théorie qui apparaît utile dans le cadre du marché financier. Il s’agit de la théorie de l’équilibre général. Celle-ci peut être appréhendée dans le cadre d’une concurrence pure et parfaite. Cette dernière permet d’atteindre un prix d’équilibre sous respect de conditions déterminées.

Walras s’est contenté d’admettre qu’il existait au moins un système de prix réalisant l’équilibre dans tous les marchés. Pour étudier ce processus conduisant à l’équilibre, il a créé la fiction d’un commissaire-priseur qui crie les prix et fait jouer la loi de l’offre et de la demande en procédant par tâtonnement.

Il s’agit d’une expression (tâtonnement) utilisée par Walras puis reprise par la suit (y compris par les anglo-saxons)[1] pour désigner le processus de recherche des prix d’équilibre, dans les modèles qui ont les caractéristiques de la concurrence parfaite. Le tâtonnement est habituellement considéré comme une représentation idéalisée de la loi de l’offre et de la demande, selon laquelle le prix d’un bien augmente lorsque sa demande est supérieure à son offre, et diminue dans le cas contraire.

Le tâtonnement a lieu dans le cadre institutionnel de la concurrence pure et parfaite dont les principales caractéristiques sont[2] :

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Des prix affichés (par bien) par une instance centrale;
Des agents qui connaissent ces prix et qui calculent leurs offres et leurs demandes à partir d’eux exclusivement (en faisant comme s’ils étaient des prix d’équilibre);
Une centralisation des offres et des demandes qui sont confrontées globalement;
L’absence de relations directes entre les agents (tout passe par le centre).

L’application de cette théorie au cas de la bourse

Le déroulement des opérations en bourse est proche du raisonnement de Walras. En effet, les cours des actions dans une bourse sont déterminés grâce à la confrontation des ordres selon les groupes de cotation.

En effet, la bourse de Casablanca est structuré autour de deux marchés : marché central et marché de blocs[3]. Au premier, les prix des actions sont déterminés suite à la confrontation des ordres d’achat et de vente : l’ensemble des ordres de bourse sont centralisés dans un carnet d’ordres unique qui permet de confronter l’offre et la demande et d’établir un prix d’équilibre. Le marché de blocs est réservé aux ordres de taille importante tels ceux provenant des investisseurs institutionnels et qui risquent d’avoir un impact significatif sur le cours des actions.

Le calcul du cours de l’action se fait selon le mode de cotation : le fixing, le multifixing et le contenu. La cotation au fixing se traduit par la confrontation de tous les ordres préalablement introduits par les sociétés de bourse et, le cas échéant, par la détermination d’un cours unique pour chaque valeur ; la cotation au multifixing permet de réaliser plusieurs fixings au cours d’une même séance de bourse ; la cotation en continu se traduit par la confrontation de tous les ordres au fur et à mesure de leur prise en charge par le système de cotation, et, le cas échéant, par la détermination d’un cours instantané pour chaque valeur.

Ainsi, au tâtonnement de Walras correspond la cotation électronique rendue possible grâce à l’évolution technologique. Cette cotation a été introduite en 1997.

En comparant les hypothèses précitées au dessus avec les conditions dans lesquelles sont organisées les séances, on peut dire qu’il y a un degré de similitude entre elles. Le problème surgit uniquement lorsqu’il s’agit de l’information. En effet, les agents économiques ne possèdent pas tous la même information. En d’autres termes, on peut parler d’une asymétrie de l’information. Il apparaît donc que certains agents profitent de cet avantage sans les autres ce qui les exposent au délit d’initié.

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