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Le secteur du lait au Maroc

le marché du lait au Maroc

le marché du lait au Maroc

Le conseil de la concurrence vient de publier son rapport annuel pour l’année 2013. Le rapport s’est penché sur plusieurs thématiques et sujets dans l’objectif de déceler l’état des lieux de la concurrence dans les secteurs scrutés. L’article suivant se concentre sur les apports du conseil sur la filière du lait.

Analyse du marché

Le marché connait, selon l’étude, les dysfonctionnements suivants :

– des retards en termes de productivité ce qui donne une offre qui ne couvre que 90% des besoins, le reste est comblé avec des importations sous forme de poudre de lait ;

– le marché se caractérise par des petits exploitants peu ou pas du tout organisés ;

– les petits exploitants n’intègrent pas le coût de la main d’œuvre familiale dans le prix de vente de leur production aux entités de transformation, ce qui tend à tirer les prix du lait cru vers le bas. Cela décourage les investissements dans cette filière ;

– la concentration du marché en aval. Central laitière détient 55% des parts de marché du lait pasteurisé alors que les deux autres opérateurs, deuxième et troisième à savoir Copag et Safilait ne détiennent respectivement que 20% et 7%.

Les conclusions de l’analyse concurrentielle

Absence de concurrence par les prix au profit du consommateur. Centrale laitière qui rafle l’essentiel des parts du marché du lait pasteurisé constitue un « price maker », alors que les autres opérateurs forment des « price taker ». Selon l’étude, ces derniers n’ont aucun intérêt à aller vers la concurrence par les prix, il suffit que centrale laitière adopte un prix pour que les autres suivent.

Les opérateurs évoquent l’impact de l’augmentation des intrants (la poudre de lait) sur le prix du lait de consommation. Le conseil de la concurrence voit que ces deux éléments (prix de la poudre et le prix final) n’ont aucune relation dans la mesure où les prix des intrants n’ont pas augmenté en 2013, contrairement à ce qui s’est passé durant les années précédentes.

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L’étude montre l’existence d’indices supposant qu’il y a eu une entente entre les différents opérateurs au sujet du prix. Ces indices sont:

– la rapidité de l’alignement du 2ème et du 3ème opérateur sur le marché, à savoir Copag et Safilait, sur les nouveaux prix de Centrale Laitière, leader sur le marché ;

– la position quasi unanime des opérateurs quant à la motivation de la hausse des prix, à savoir l’augmentation des coûts de production du lait en amont et des coûts de la transformation ;

– la coïncidence de la hausse des prix avec le début de l’intervention de Copag dans la collecte du lait cru dans la région de Tadla ;

– l’expression de la volonté de certains opérateurs de discuter des prix lors de la réunion de FIMALAIT de mai 2013. Certes, Centrale Laitière a refusé de discuter des   prix lors de cette rencontre, mais ceci constitue néanmoins un signal fort de la position des autres opérateurs, signal qui, ajouté aux causes invoquées précédemment concernant l’alignement des prix publics sur ceux de Centrale Laitière, fait qu’une entente formelle ne serait pas nécessaire pour décider unilatéralement d’une augmentation des prix. Ne peut-on alors parler dans ce cas d’entente tacite, où du moins d’abus de position dominante ?

Quant à ses recommandations, le conseil insiste sur:

1 – la nécessité pour le gouvernement d’enquêter sur les indices susmentionnés et qui sont en mesure de montrer des pratiques anti-concurrentielles ;

2 – accompagner le secteur dans le cadre du plan Maroc vert ;

3 – Imposer l’étiquetage des prix sur les emballages des différentes marques pour permettre une différenciation des produits et des prix par les consommateurs et partant inciter les opérateurs à une concurrence par les prix.

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