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La rentabilité des Banques Islamiques

Les banques islamiques constituent aujourd’hui un acteur incontournable de la finance mondiale. Ces banques connaissent une croissance rapide grâce notamment aux opportunités qu’elles saisissent. Cependant, l’élément crucial qui constitue la pierre angulaire reste la rentabilité de ces banques. Les économistes ont donné plus d’importance à l’analyse de la rentabilité des banques conventionnelles et ignoré celle des banques Islamiques.

KABIR Hassan et Abdel-Hameed BASHIR (2002)[1] ont essayé d’analyser comment les caractéristiques internes des banques islamiques et les changements de l’environnement financier impactent–ils la rentabilité des banques islamiques. L’approche économétrique utilisée réside dans une analyse en données de panel en s’appuyant sur un échantillon de 43 banques actives dans 23 pays observées sur une période allant de 1994 à 2001.

Pour mesurer la rentabilité les auteurs se sont appuyés sur les variables suivantes :

  • La marge nette : correspond aux revenus perçus sur des activités non génératrices d’intérêts comme l’agiotage, les services fournis par la banque, les opérations de change.
  • Le bénéfice avant impôt: utilisé pour la mesure de la marge bénéficiaire de la banque.
  • La rentabilité sur actifs (ROA) : qui est le ratio des bénéfices nets au total des actifs. Il est utilisé pour montrer la capacité de la banque à générer des bénéfices à partir de ses actifs.
  • Le rendement sur capitaux propres (ROE) : Qui est le ratio des bénéfices au total des capitaux propres. Ce ratio est moins important que le ROA car il mesure le pourcentage des bénéfices issus des capitaux propres de la banque, faisant donc ignorer les autres éléments du passif à savoir les dettes.

Les déterminants choisis par les auteurs reflètent l’impact de quatre facteurs sur la rentabilité. Il s’agit de la gestion interne aux banques, l’environnement macroéconomique, la structure du marché financier et l’imposition.

Les variables internes aux banques islamiques sont : le ratio des dépôts courts et longs, le ratio des charges d’exploitation, le ratio du rendement des actifs productifs, le ratio des capitaux propres et le ratio des crédits bancaires. Les variables explicatives macroéconomiques sont : Le PIB par tête, le taux de croissance du PIB, le taux d’inflation et le taux d’intérêt réel. Les variables déterminantes de la réglementation du marché financier sont la  réserve obligatoire et la taxation. Quant aux autres variables ayant trait à la structure du marché financier les auteurs ont choisis : le volume des dépôts divisé par le PIB, le total des actifs des banques et le nombre de banques islamiques.

Les auteurs ont procédé à l’estimation de quatre modèles selon la méthode adoptée pour la mesure de la rentabilité.

Les résultats empiriques

Le ratio des capitaux propres garde un signe positif devant la marge nette, ce qui laisse dire qu’un fort ratio du capital augmenterait largement la rentabilité des banques islamiques. Les estimations montrent aussi que le ratio des crédits bancaires impactent positivement ROA et ROE. Malgré cela, les crédits bancaires, qui sont moins risqués, participent modiquement à la rentabilité des banques islamiques. Quant aux charges d’exploitation, leur impact se révèle ambigu même si elles gardent un signe positif devant la marge nette. Du coté de la réserve obligatoire, les auteurs concluent qu’elle exerce un effet négatif sur la rentabilité.

Enfin, de bonnes conditions macroéconomiques stimulent grandement la rentabilité des banques islamiques. Une augmentation du PIB entrainerait une forte augmentation de la rentabilité. L’inflation qui devrait, normalement, avoir un effet négatif sur la rentabilité, son impact est ambigu. Les estimations montrent également l’effet négatif de la concurrence mesurée par le nombre de banques.

Malgré les résultats présentés en dessus, le sens et la nature de l’impact des variables, notamment, organisationnelles et managériales demeurent ambigus.


[1] KABIR, Hassan. BASHIR, Abdel-Hameed. (2002), “Determinants of Islamic Banking Profitability”, Economic Research Forum.

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