Home / Economie / Pourquoi Montesquieu était contre la dette publique ??

Pourquoi Montesquieu était contre la dette publique ??

Le recours à l’endettement pour financer le train de vie de l’État n’a jamais été un sujet d’entente entre les économistes. Certains sont d’accord pour que le pouvoir public ait recours à l’endettement pour faire face à ses engagements financiers comme les dépenses de fonctionnement, pour mettre en place des investissements, etc., alors que d’autre expriment leur désaccord total avec cette idée.

Parmi les penseurs qui ont exprimé leur désaccord fut le français Montesquieu.

Montesquieu a écrit en 1748 un livre intitulé « De l’esprit des lois », un livre où il a montré ses idées sur la répartition des fonctions de l’Etat entre ses différentes composantes. Le livre contient plusieurs chapitres dont deux consacrés à la dette publique. Le premier est titré « Des dettes publiques » et le deuxième porte l’intitulé « Du paiement des dettes publiques ».

Dans le premier chapitre l’auteur a montré les raisons derrière son désaccord. Il liste les facteurs suivants :

1° – Si les étrangers possèdent beaucoup de papier qui représente une dette, ils tirent tous les ans de la nation une somme considérable pour les intérêts.
Actuellement cela engendre la sortie des devises ;

2° – Dans une nation ainsi perpétuellement débitrice, le change doit être très bas.
Peut être qu’à cause de la sortie continuelle des devises la monnaie nationale se déprécie et perd donc de valeur ;

3° – L’impôt levé pour le paiement des intérêts de la dette fait tort aux manufactures, en rendant la main de l’ouvrier plus chère.

4º – On ôte les revenus véritables de l’état à ceux qui ont de l’activité et de l’industrie, pour les transporter aux gens oisifs ; c’est-à-dire qu’on donne des commodités pour travailler à ceux qui ne travaillent point, et des difficultés pour travailler à ceux qui travaillent.

Lire aussi  Le rôle de la Banque Centrale Européenne face à la crise de la dette

Montesquieu parle ici de l’effet d’éviction et l’encouragement d’une classe non productrice.

Dans le deuxième chapitre, Du paiement des dettes publiques, Montesquieu a admis que si le pays dispose d’une dette qui n’est pas encore remboursée, il devrait mettre en place un fonds d’amortissement de la dette, dont la missions sera le payement de la dette. Montesquieu, fascinée par les résultats atteints grâce à la mise de ce fonds en Grande Bretagne, a espéré que son pays, la France, fera la même chose. Le financement de ce fonds sera apporté par les citoyens « parce qu’ils ont tout le poids de l’établissement de la dette ; le créancier de l’état, par les sommes qu’il contribue, payant lui-même à lui-même ».

About IKOUNSASS Ab.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

3 + 2 =

FERMER
CLOSE