Home / Finance / Théorie Financière / Les effets sur la croissance économique et sur l’emploi

Les effets sur la croissance économique et sur l’emploi

Même si l’inflation favorise la hausse des profits, notamment pour les entreprises commerciales, elle peut aussi être défavorable à la croissance économique. La relation inflation-croissance passe par l’hypothèse d’une relation négative entre inflation et accumulation du capital, ainsi qu’entre inflation et productivité[1]. Les effets d’allocation retenus antérieurement défavorisent les investissements, à cause du coût du capital plus élevé et de l’orientation vers les secteurs moins productifs. Cela réduit l’accumulation du capital et, par là, la croissance.

D’ailleurs, l’incertitude accrue du futur produit par l’instabilité monétaire implicite à tout processus inflationniste, est un facteur additionnel qui défavorise les investissements et, donc, la croissance. En effet, l’inflation influence la croissance et l’emploi par les relations existantes entre niveau et variabilité del’inflation, ainsi qu’entre inflation et variabilité des prix relatifs. Théoriquement, on explique la variabilité et l’incertitude accrue en cas de niveau d’inflation élevé à cause d’une possible perte du contrôle sur la situation économique par le gouvernement et de l’adoption de politiques économiques imprévisibles. Empiriquement ces relations, bien qu’elles soient parfois constatées et admises, ne font pas l’unanimité, ce qui n’empêche pas de soutenir que l’inflation peut réduire la croissance et favoriser le chômage[2].

Enfin, il faut aussi citer l’instabilité qui découle de la spirale prix-salaires, typique du phénomène inflationniste. Cette spirale s’enclenche par le fait qu’on accroît les salaires nominaux dans le but de rattraper la hausse des prix, mais la hausse des salaires est elle-même une source d’inflation. La spirale qui en résulte, est source d’instabilité, ce qui n’est pas favorable à la croissance économique.

À côté des coûts de l’inflation, on pourrait ajouter les coûts d’une politique qui vise à réduire l’inflation. Si l’inflation comporte des effets négatifs, la lutte contre l’inflation n’est pas moins coûteuse, notamment sous l’hypothèse des anticipations adaptatives, alors que sous l’hypothèse des anticipations rationnelles la réduction de l’inflation semble être moins problématique. Cela pousse à éviter l’inflation, afin d’éviter aussi les coûts du redressement monétaire.


[1] Malcolm Edey, 1994, coûts et avantages du passage d’une faible inflation à la stabilité des prix, revue économique de l’OCDE. no 23, pp 129.

[2] Pietro Nosetti (2003), ‘’Les banques centrales et l’approche contractuelle de l’indépendance: les enseignements du cas néo-zélandais’’, Thèse, l’Université de Fribourg (Suisse), pp 17-20.

Lire aussi  L'impact des dépenses d'investissement sur les prix des actions

About IKOUNSASS Ab.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

+ 24 = 34

FERMER
CLOSE