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La théorie de Maradona

La théorie de Maradona

La théorie de Maradona

La théorie a été énoncée pour la première fois par le président de la banque d’Angleterre Mervyn King lors d’une conférence donnée en mai 2005 à Cass Business School à Londres. Le président a présenté lors de cette conférence une communication de 27 pages portant l’intitulé « Monetary Policy: Practice Ahead of Theory« .

En gros, Mervyn King parle dans sa communication de la politique monétaire et plus exactement du ciblage de l’inflation et sa relation avec les anticipations des agents économiques. L’objectif primordial de cette politique est la stabilité des prix. Les banques centrales utilisent le ciblage de l’inflation « Inflation targeting » pour contrer l’inflation dans une fourchette déterminée et ainsi faire face aux chocs économiques. L’auteur se demande si ce ciblage serait en mesure de neutraliser les futurs chocs économiques ?

La théorie est appelée « la théorie des taux d’intérêt de Maradona » ou « the Maradona theory of interest rates ». Les ménages et les entreprises fondent leurs décisions sur les anticipations plus que les décisions elles mêmes de la banque centrale. Si une banque centrale s’engagerait à maintenir le taux d’inflation stable en répondant rapidement à tous les chocs économiques, le résultat serait un taux d’inflation stable. Les ménages et les entreprises sauraient que tout changement dans le taux d’inflation serait automatiquement neutralisé. Dans ce sens, le taux d’intérêt changerait sans avoir une relation apparente avec le taux d’inflation. Ainsi, les agents économiques estimeraient que la banque centrale décide de façon arbitraire, ce qui est n’est pas le cas. Car si cette conclusion est vraie, le taux d’inflation ne serait pas stable.

Quelle est la relation alors entre la politique monétaire, le taux d’intérêt, le taux d’inflation, les décisions de la banque centrale et le joueur argentin Diego Maradona ??

La réponse vient du match qui réunissait l’Argentine à l’Angleterre le 22 juin 1986. Maradona a pu marquer son deuxième but (après un premier avec sa main sans que l’arbitre s’en aperçoive, ce qu’il a appelé après la main de Dieu) en driblant la moitié de l’équipe anglaise. Ce qui est anormal c’est comment Maradona a pu faire pour esquiver cette moitié alors qu’il courait quasiment en ligne droite ??

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La réponse est que les joueurs qui se plaçaient devant Maradona régissaient à ses feintes. Pour eux, Maradona devrait aller à droite ou à gauche (ils anticipaient qu’il irait à droite ou à gauche). Maradona ne choisit alors ni la droite ni, non plus, la gauche mais continue dans sa ligne droite.

La théorie parait ainsi claire. Les agents économiques réagissent aux anticipations plus que aux décisions effectives. Pour l’auteur de cette théorie, Mervyn King, les joueurs sont comme les marchés, ils réagissent aux signaux émis par les banques centrales que aux décisions effectives de ces mêmes banques centrales.

The great Argentine footballer, Diego Maradona, is not usually associated with the theory of monetary policy. But his performance against England in the World Cup in Mexico City in June 1986 when he scored twice is a perfect illustration of my point. Maradona’s first “hand of God” goal was an exercise of the old “mystery and mystique” approach to central banking. His action was unexpected, time-inconsistent and against the rules. He was lucky to get away with it. His second goal, however, was an example of the power of expectations in the modern theory of interest rates. Maradona ran 60 yards from inside his own half beating five players before placing the ball in the English goal. The truly remarkable thing, however, is that, Maradona ran virtually in a straight line. How can you beat five players by running in a straight line? The answer is that the English defenders reacted to what they expected Maradona to do. Because they expected Maradona to move either left or right, he was able to go straight on. (Mervyn King).

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