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La rentabilité des Banques Commerciales

La part des recherches consacrées à l’étude des déterminants de la rentabilité des banques commerciales (conventionnelles) est relativement importante. Les déterminants de la rentabilité des banques commerciales peuvent être divisés en deux grandes catégories, les déterminants internes et les déterminants externes à la banque.

Nous nous limiterons aux études consacrées aux pays arabes notamment le Maroc et la Tunisie.

Ben Naceur (2003)[1] et Brahim MANSOURI et Saïd AFROUKH (2008)[2] ont analysé les déterminants de la rentabilité des banques commerciales, respectivement, en Tunisie et au Maroc. Pour mesurer la rentabilité les auteurs ont pris la profitabilité des actifs (ROA) et la marge d’intérêt. Les déterminants sont divisés en trois catégories. Primo, les déterminants managériaux ou organisationnels qui contiennent les charges d’exploitation bancaire, les capitaux propres, les crédits bancaires et la taille de la banque. Secundo, les déterminants macro-financiers qui englobent la concentration bancaire, la taille du secteur bancaire, la taille du marché des capitaux, la taille relative du secteur bancaire par rapport au marché des capitaux. Tertio, les déterminants liés à l’environnement macro financier qui sont la croissance économique et l’inflation.

L’impact des variables exogènes sur la rentabilité a été différent, selon la mesure de la rentabilité.

  • Les déterminants de la profitabilité des actifs (ROA) :

La théorie économique nous a montré que les frais d’exploitation exercent un effet négatif sur la rentabilité, cependant, Ben Naceur (2003) a trouvé qu’elles impactent positivement cette rentabilité dans le sens où la réalisation des profits conditionne l’augmentation des frais d’exploitation. S’alignant avec la théorie, Mansouri et Afroukh (2008) trouvent qu’elles exercent un effet négatif. Les capitaux propres quant à eux exercent un effet positif sur la rentabilité (Ben Naceur) même si l’excès du ratio de capital est considéré comme nuisible à la rentabilité des actifs puisque, en élevant ce ratio, les banques tendent à réaliser une fructification minime des capitaux disponibles. Ils peuvent, également, exercer un effet négatif (Mansouri et Afroukh) du fait que les banques Marocaines cherchent à renforcer leurs assises financières répondant donc aux exigences des institutions financières internationales, écartant par conséquence l’amélioration de leurs profits actuels. Quant aux crédits bancaires, les chercheurs s’accordent sur leur effet positif sur la rentabilité affirmant donc la mission classique des banques comme source principale des profits. La taille du marché des capitaux impacte négativement la rentabilité du fait de l’effet de substitution qu’elle exerce sur le secteur bancaire (Ben Naceur), mais au contraire elle peut exercer un effet positif tant que ce marché exige la publication régulière des comptes comptables des banques améliorant donc l’accès à l’information  et par voie de conséquence l’élargissement du portefeuille de clients. La concentration bancaire est favorable à la rentabilité dans le cas Marocain que Tunisien. Les stratégies de concentration permettent la réalisation des économies d’échelle. Les auteurs se divergent sur l’effet de la taille du secteur bancaire sur la rentabilité. Elle impacte positivement la rentabilité (Ben Naceur) car Le financement de l’économie par le secteur bancaire reflète la capacité du système à satisfaire les besoins des acteurs économiques. Au contraire, elle peut exercer un effet négatif sur la rentabilité (Mansouri et Afroukh) et dans ce cas la taille du secteur bancaire n’est pas favorable à la rentabilité. Les auteurs s’accordent sur l’impact positif exercé par les variables macroéconomiques sur la rentabilité. La croissance économique en Tunisie et au Maroc est fortement favorable à la rentabilité des banques qui ont profité de la restructuration des économies dans le cadre des politiques sectorielles diversifiées. Celles-ci ont permis l’amélioration de la conjoncture économique et a exigé l’introduction de l’automatisation pour la facilitation des tâches. L’effet positif exercé par l’inflation, dans les deux pays, s’explique par l’imputation de la variation des prix sur les charges supportées par les déposants et les emprunteurs.

  • Les déterminants de la marge d’intérêt :
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Les chercheurs ont également prêté de l’intention à l’analyse des déterminants de la marge d’intérêt comme variable mesurant la rentabilité.

Nous nous appuierons sur les recherches de Ben Naceur (2003) et Mansouri et Afroukh (2008) pour déceler les déterminants ainsi que le sens de l’impact de ceux-ci sur la marge d’intérêt.

Les deux études empiriques s’accordent sur l’effet positif exercé par les charges d’exploitation sur la marge d’intérêt allant donc à l’encontre des prédictions de la théorie économique. Cela s’explique par l’imputation de ces charges aux autres charges supportées par les clients des banques. Les crédits quant à eux exercent un effet positif sur la rentabilité des banques (Ben Naceur) confirmant son impact sur la rentabilité en général. La politique de la capitalisation suivie par les banques permet de générer plus de profits (Ben Naceur) dans le sens où elle permet aux banques de constituer un matelas de sécurité contre un refinancement difficile. Au contraire, cette capitalisation peut gêner la rentabilité (Mansouri et Afroukh) dans le sens où elle favorise la situation financière future de l’entreprise au détriment des crédits distribués. Quant à la taille des banques les recherches se divergent sur son effet. Ben Naceur trouve qu’elle exerce un effet négatif sur la marge d’intérêt mettant l’accent sur la faiblesse de l’efficience de la banque à partir d’un certain niveau de taille. Par contre, Mansouri et Afroukh soulèvent l’effet positif de la taille sur la marge d’intérêt affirmant donc l’intérêt pour les banques de s’agrandir. Les mouvements de concentration demeurent défavorables à la rentabilité des banques (Ben Naceur, Mansouri et Afroukh) montrant donc le rôle positif de la concurrence comme stimulateur de la rentabilité. La taille du marché des capitaux favorise la marge d’intérêt des banques commerciales au Maroc (Mansouri et Afroukh) ce qui semble que ces deux marchés sont complémentaires. En ce qui concerne les variables macroéconomiques, l’inflation garde son effet positif sur la marge d’intérêt (Ben Naceur, Mansouri et Afroukh), le mouvement des prix à la hausse demeure favorable au banques commerciales au Maroc qu’en Tunisie. Quant à la croissance économique son effet reste positif sur la rentabilité des banques commerciales au Maroc.


[1] BEN NACEUR, Samy. (2003). “The determinants of the Tunisian banking industry profitability: Panel evidence 1980-2000”. Economic Research Forum.

[2] MANSOURI, Brahim. et AFROUKH, Saïd. (2008). “La Rentabilité des Banques et ses Déterminants : Cas du Maroc ”, Economic Research Forum.

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