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La relation entre la charia et la finance islamique

Une banque islamique en Angleterre

Une banque islamique en Angleterre

La finance islamique est fondée et basée sur les préceptes de la Charia, la loi islamique. Il devient donc nécessaire de comprendre le fonctionnement de cette loi en vue de saisir les mécanismes de la finance Islamique. Les règles de la Charia sont puisées des sources suivantes : le Coran (le livre saint des musulmans) et la Sunna (ensemble des paroles et actions du prophète Mohamed et de la tradition (hadith) qui les rapporte). L’islam comporte trois éléments de base : Aquidah, Akhlak et Charia, qui sont les racines de la finance islamique.

Aquidah : fait référence à la croyance de la personne. Elle exclut les suppositions, soupçons ou le doute qui viennent altérer la croyance de la personne. Elle concerne l’aspect foi.

Akhlak : constitue le code éthique du musulman. C’est celui qui définit la conduite du musulman. Charia : Loi (en arabe sharî’a), ensemble des règles qui régissent tous les aspects de la vie religieuse, individuelle et sociale d’un musulman (cet élément sera développé en bas). Le schéma suivant montre une vision générale de l’Islam :

vision générale de l'Islam

Donc, d’après ce schéma, les règles qui régissent tout ce qu’est économique, et donc finance, trouvent leur source de la Charia (Sharia). La finance islamique est liée à la Charia par le biais de l’élément « Muamalat » qui engrange plusieurs activités, politiques, économiques et sociales. Ces activités se basent sur les relations entre les individus, contrairement aux relations Dieux-individu dont la cadre réglementaire s’appelle « Ibadat ».

Qui ce que donc la Charia ?

La Charia, en elle-même, puise de diverses sources. Le schéma suivant les illustre :

Les sources de la Charia

La charia est un ensemble de règles déterminant la nature de l’action faite par un individu. Selon celle-ci, une action pourrait être obligatoire (Wajib), recommandée (Sunnat / mandub), permissible (Mubah), répréhensible (Makruh), interdite ou prohibée (Haram). En utilisant la terminologie Islamique, un acte pourrait être :

  • Wajib : c’est-à-dire obligatoire. La prière est un exemple.
  • Sunnat / mandub : est un acte recommandé. Le musulman sera récompensé en le faisant mais ne sera pas puni au cas contraire. Exemple : les actes de charité, etc.
  • Mubah : est un acte permissible.
  • Makruh : la charia décourage ce genre d’actes. Aucune punition ne leur est attachée. Exemple : divorce, etc.
  • Haram : est un acte interdit. Exemple : boire de l’alcool, la prostitution, etc.

Quelles sont les sources desquelles la Charia puise ?

Selon le schéma en haut, la Charia puise de deux catégories de sources, une principale et une autre secondaire.

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Les sources principales sont :

Le Coran qui est la source principale. La sunna : qui est la Tradition prophétique relatant les paroles et les actes du prophète Mohamed (Sala Allaho Alayhi Wa Sallam[1]). Cette sunna se divise en trois branches : Qawl : ce qu’a dit le prophète sur une question ou toute autre chose. Fi’l : ce qu’a fait le prophète. Taqrir : ce qu’a approuvé le prophète sans qu’il le fasse. L’Ijmaa : traduit le consensus des écoles et des oulémas de l’oumma (communauté musulmane) sur des problèmes liés à l’application des préceptes de la Charia. Il est considéré comme source principale parce que le prophète a dit dans un hadith (Recueil des actes et des paroles du prophète Mahomet et de ses compagnons à propos de commentaires du Coran ou de règles de conduite) que son Oumma ne s’entendrait jamais sur une erreur[2]. Qiyas : est le raisonnement par analogie ou comparaison en vue de trouver des solutions à certains problèmes non traités par les autres sources (Coran et Sunna).

Les sources secondaires de la Charia :

Istihsan : signifie l’utilisation de l’interprétation personnelle pour éviter la rigidité et l’injustice qui peuvent résulter de l’application littérale de la loi islamique. Certains l’approchent au mot « équité ». Istihsan joue un rôle important dans l’adaptation des règles islamiques aux changements que connaît la société. Istislah : est une méthode utilisée par les juristes musulmans pour résoudre des problèmes dont la solution n’apparaît pas clairement dans les textes de base (Coran et Sunna). Son origine est le mot arabe « maslahat » qui signifie « intérêt public ». Ijtihad : le concept qui permet aux lois islamiques de s’adapter aux situations non citées dans les textes de base. Cependant, la qualité de l’Ijtihad se mesure par son harmonie avec les principes du Coran et de la Sunna. ‘Urf : sont les pratiques connues aux sociétés musulmanes à condition qu’elles ne dérogent pas des principes de l’Islam. Cet élément s’approche du mot « «coutume ».


[1] محمد صلى الله عليه و سلم [2] رواه الحافظ أبو عبدالله محمّد بن يزيد القزويني (207 ـ 275هـ ) ، قال : حدّثنا العبّاس بن عثمان الدمشقي ، حدّثنا الوليد بن مسلم ، حدّثنا معان بن رفاعة السلاميّ ، حدّثني أبوخلف الأعمى ، قال : سمعت أنس بن مالك ، يقول : سمعت رسول الله صلّى الله عليه و آله و سلّم ، يقول : «إنّ أمّتي لا تجتمع على الضلالة ، فإذا رأيتم اختلافاً فعليكم بالسواد الأعظم».

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