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La dette Marocaine et le solde budgétaire

Les contraintes qu’exerce l’endettement public interne et externe sur toute la politique économique nationale depuis le milieu des années soixante-dix sont très fortes.

Au Maroc, et comme maints pays en voie de développement, la politique budgétaire expansionniste et la stratégie d’investissement public  intensif, du milieu des années soixante-dix, ont conduit à des déficits budgétaires considérables et à l’accumulation d’une dette publique externe qui est devenue très vite, au début des années quatre-vingt, insupportable.

Le Maroc, entreprit depuis lors la mise en œuvre du programme d’ajustement et des réformes qui ont, notamment, visé l’orientation de la politique de financement public vers la mobilisation de l’épargne intérieure. Avec ce programme d’ajustement, la politique de financement budgétaire s’est orientée de plus en plus vers les ressources domestiques. Ainsi, les emprunts intérieurs ont-ils pris largement le relais du financement d’origine externe depuis la fin des années quatre-vingt. Il en découla alors un développement de l’endettement intérieur qui commence à susciter des interrogations et qui appelle, la prise de  mesures visant à en limiter les implications pouvant être préjudiciables et qui seraient de nature à empêcher la mise en œuvre de politique financières d’appui à la croissance.

Au Maroc, la dette intérieure qui était 3 milliards de Dh en 1974 est passée à 325,8 milliards en 2008. Elle a été donc multipliée par 108 en monnaie courante, ce qui énorme. Cette  forte augmentation de la dette intérieure a donné lieu, dans la plupart des pays en voie de développement, à l’alourdissement des charges d’intérêt et d’amortissement. Les besoins de financement découlant aussi bien des nouveaux déficits budgétaires que le remboursement de ces dettes amplifié ce phénomène. Désormais, le service de la dette intérieure pourrait constitué l’une des causes d’amplification des déficits.

En théorie économique, l’analyse du fardeau de la dette publique appelle la confrontation de son stock, son encours ou  son service à certains agrégats et variables économiques. Ainsi, la littérature classique en matière de finances publiques, et plus spécialement la manière dont ils ont traité la dette et les déficits de l’Etat n’a jamais cessé d’être le lieu de controverses, de révolutions et de contre révolutions. Mais, on relève que cette littérature ignore principalement la distinction entre l’emprunt domestique et étranger, avec la plupart des études qui s’adressent seulement à la dette externe.

Dans ce contexte, l’identification  des principales causes et les conséquences liées à la croissance de cette dette intérieure nous paraît judicieuse. En effet, plusieurs recherches ayant traité  cette question, ont mis l’accent (comme dans le cas des pays émergents, aussi dans les pays à faible revenu) sur les facteurs externes comme  les principaux moteurs de l’accumulation de la dette publique intérieure. Ces pays auront par conséquence des déficits budgétaires qui n’ont  pas  été entièrement compensés par les flux émanant des donateurs étrangers, ce qui conduit  à l’émission de la dette intérieure suivant les conseils de politique générale des institutions financières internationales.

Du coté de la dette intérieure, il existe d’autre variables économiques qui peuvent expliquer les niveaux élevés des soldes budgétaires. Ces derniers, occupent une place de premier choix dans l’analyse et l’évaluation de l’incidence du budget public sur l’économie nationale. Son ampleur, son évolution et sa persistance sont à même de refléter la situation financière de l’Etat ainsi l’orientation générale de la politique macro-économique du gouvernement. Sur le plan économique, un certain nombre d’auteurs ont démontré que dans la majeure partie des pays en voie de développement, le déficit budgétaire serait le résultat d’un certain  nombre de facteurs à la fois conjoncturels et structurels, dont les effets sont incontournables. Au demeurant, ces facteurs ont rendu les PED en déficit permanent, sans pour autant rétablir les équilibres économiques.

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