Home / Finance / Finance Islamique / La finance islamique au Maroc

La finance islamique au Maroc

La commercialisation des produits financiers islamiques ou sous leur appellation officielle « alternatifs » est très récente. En effet, dans la perspective de développer la Finance Islamique, la Banque Centrale a commencé par adhérer, en 2006, à l’International Financial Services Board (IFSB). De plus, en septembre 2007, Bank Al Maghrib, a publié la première directive relative aux produits alternatifs (RN 33/G/2007). Cette directive traite des produits Ijara, Moucharaka et Mourabaha.

Défis à relever

Les produits autorisés par la directive de Bank Al Maghrib ont permis l’élargissement de la panoplie des produits proposés par les banques marocaines. Ce mode de financement alternatif, permettra, de contribuer à une meilleure bancarisation de l’économie marocaine.

En théorie, le Maroc représente un marché idéal pour le développement de la finance islamique ou sous son appellation officielle « alternative » compte tenu de la nature même de notre pays. En plus de l’argument religieux, l’économie marocaine souffre d’un taux d’épargne faible, ce qui ne lui permet pas de financer le niveau d’investissement nécessaire à maintenir une croissance économique forte et stable. En plus de son niveau bas, l’épargne marocaine se caractérise d’une maturité trop courte pour financer les projets d’investissement long terme car elle est principalement composée d’avoirs liquides et de placements non rémunérés.

La finance islamique représente aussi une opportunité idéale pour encourager les flux d’investissements notamment en provenance des régions du Golfe Persique ce qui pousserait vers une croissance rapide de plusieurs secteurs.

Conjugué à des facteurs comme la faiblesse des revenus ou la part élevée de personnes analphabètes, le facteur culturel, dominé par l’aspect religieux, explique l’existence d’une demande pour ce mode de financement. C’est la raison pour laquelle, les produits alternatifs peuvent constituer un levier puissant de mobilisation et d’affectation de l’épargne, avec le renforcement de la concurrence dans le secteur financier et l’allégement des contraintes réglementaires.

Comme toute industrie naissante, la finance alternative au Maroc devrait relever plusieurs défis afin de pouvoir prendre de l’ampleur. Pour affirmer sa place en tant qu’un mode de financement capable de concurrencer les moyens de financement conventionnels, plusieurs pistes de réflexion se présentent :

Labellisation des produits : La question qui se pose naturellement concerne l’organe qui sera en charge de certifier les produits.

La transparence : Des exigences particulières sur la transparence des produits sont à intégrer dans la réglementation pour une meilleure information des investisseurs et des épargnants.

La liquidité : c’est un élément qui caractérise tous les marchés de la finance islamique qui sont peu profonds en comparaison avec les marchés conventionnels.

Au Maroc, les produits alternatifs n’ont été introduits que récemment. Toutefois, nous pensons qu’à l’instar des autres pays qui l’ont adoptée, elle présente un moyen supplémentaire qui pourrait contribuer à financer notre économie en particulier dans des périodes de crise.

En effet, la mise en place de ce mode de financement pourrait accélérer l’amélioration des taux de bancarisation de la population, une canalisation plus importante de l’épargne interne et une attraction soutenue des investissements directs des pays du golfe.

La panoplie des produits islamiques, en particulier les émissions des Sukuks pourrait jouer un rôle important dans les financements des projets d’infrastructure et d’équipement public.

Une réflexion plus approfondie devrait être menée à l’échelle de notre pays pour analyser et examiner les pré-requis à mettre en place au niveau réglementaire et organisationnel pour profiter de cette évolution que connait la finance internationale du XXIe siècle.

Le CDVM

Lire aussi  Les types de banques

About IKOUNSASS Ab.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

− 9 = 1

FERMER
CLOSE