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Le développement boursier et sa mesure

Plusieurs recherches ont été effectuées sur la question du développement boursier. Les chercheurs se sont intéressés à mesurer le degré  du développement boursier dans les pays développés et émergents.

Ils font leur tests sur quatre éléments : la liquidité du marché, la taille, la volatilité et la concentration. Les résultats ont leurs permis de comparer le niveau de ce développement dans les pays.

La liquidité du marché

La Définition

La liquidité peut être définie comme étant « l’aptitude d’un actif à être convertible en moyen de règlement, à bref délais et sans coût« 1. Cette définition s’applique uniquement aux actifs, alors qu’un marché peut être, aussi, considéré comme liquide si « de grande quantités de titres peuvent être négociées au moyen d’un nombre limité de transactions, sans incidence marquée sur les prix2« .

On peut distinguer deux types3 de liquidités, liquidité de financement et liquidité de marché. Le premier concept permet « d’appréhender la capacité des institutions financières à remplir leur fonction d’intermédiation« . Le deuxième concerne « la capacité de réaliser des transactions d’une manière qui permette d’ajuster les portefeuilles et les profils de risque sans que les prix sous-jacents en subissent l’incidence« .

Gravelle en 1999 distingue4 quatre dimensions dans la liquidité de marché : l’immédiateté qui nous renseigne sur la rapidité avec laquelle une opération peut être conclue ; la profondeur qui concerne le montant maximal d’une opération avec un prix donné ; l’ampleur qui désigne l’écart entre le cours acheteur et le cours vendeur, qui correspond au coût d’obtention de la liquidité ; et la résilience qui renvoie à la capacité des prix de revenir rapidement en situation d’équilibre après une transaction.

On peut également distinguer entre « liquidité microéconomique » et « liquidité macroéconomique »5. Selon la première, un actif est considéré comme liquide si les coûts de transactions, pour l’achat et la vente, sont faibles. Au niveau macroéconomique, un actif procure de la liquide à une entreprise si celle-ci peut l’utiliser comme réserve en cas d’urgence.

La littérature sur la liquidité

Des travaux empiriques ont validé l’hypothèse selon laquelle la liquidité joue un rôle important dans le développement boursier. Ainsi, Bencivenga, Smith and Starr en 1996 ; Bencivenga en 1992, ont affirmé que la liquidité permet à l’investisseur d’altérer rapidement au moindre coût son portefeuille. De ce fait, elle rend l’investissement moins risqué et facilite des investissements plus rentables à long terme6. Demirgüç-kunt and Levine, 1996 ; Lawrence K. Duke, 1993, 1988; Levine and Zervos 1996, voient que la liquidité constitue un déterminant sine qua non du développement da la bourse. La raison est qu’elle contribuerait à améliorer l’allocation des ressources et accélérer ainsi le processus de la croissance économique à long terme7.

La Mesure de la liquidité

Pour la mesure de cette variable des méthodes ont été élaborées par des chercheurs. On note notamment : le volume et la fréquence des opérations8, le taux de rotation (On obtient le taux de rotation en divisant le volume des titres négociés durant une période donnée par l’encours moyen de ces titres au cours de la même période.)9

Lire aussi  Système d’indexation des prix des produits pétroliers

On peut également mesurer cette variable à l’aide des ratios suivants10 :

  • Ratio des transactions boursières :

  • Ratio du chiffre d’affaire :

La taille de marché

Pour la mesure de la taille du marché boursier, Les analystes utilisent fréquemment le ratio de la capitalisation boursière11. Ce ratio (market capitalization ratio) est égal au montant des valeurs cotées en bourse divisé par le PIB. Une mesure additionnelle de la taille est fournie par le nombre des sociétés cotées (number of listed companies).

La raison du choix de la taille du marché boursier comme variable explicative de l’évolution de l’indice boursier découle du fait que celle-ci est positivement corrélée à la capacité à mobiliser le capital et à diversifier le risque12.

Sur des données couvrant la période 1986-1993, Demirgüc-Kunt and Ross Levine en 1995 trouvent que les pays : Afrique du sud, Hong-kong, Malaisie, japon et Singapour ont un ratio de capitalisation boursière dépassant 1 (100%), alors que d’autres pays tels Nigeria, Argentine, Indonésie, Colombie, et Turquie ont un ratio inférieur à 0,1(13).

Notes :

  1. C.-D. ECHAUDMAISON, dictionnaire d’économie et des sciences sociales, Nathan, paris, 1998
  2. ANDREW CROCKETT, Liquidité de marché et stabilité financière, Banque de France, Revue de la stabilité financière – Numéro spécial liquidité  N° 11 Février 2008
  3. Même référence, page 2
  4. Brahim MANSOURI, Développement des marchés boursiers et développement économique : cas du Maroc
  5. Brahim MANSOURI, op, cit.
  6. Voir « Stock Market Development and Financial Intermediaries: Stylized Facts », Demirgiiu-Kunt and Ross Levine, world bank, may 1995, page 10.
  7. Même référence, page 2. Notons que ces méthodes sont considérées par l’auteur de l’article comme entachées de lacunes.
  8. Demirgüc-Kunt and Ross Levine, Stock Market Development and Financial Intermediaries: Stylized Facts », world bank, may 1995, page 9 ; ou bien Ross Levine et Sara Zervos,  » Stock Market Development and Long-Run Growth », world bank, mars 1996, page 13.
  9. Demirgüc-Kunt and Ross Levine, même référence
  10. L’évolution de la liquidité du marché des obligations du gouvernement canadien, Stacey Anderson et Stéphane Lavoie, revue de la banque du canada, 2004.
  11. Jean TIROLE, Déficits de liquidité : fondements théoriques, Banque de France, Revue de la stabilité financière – Numéro spécial liquidité, N° 11, Février 2008
  12. Brahim MANSOURI, même reference
  13. Demirgüc-Kunt and Ross Levine, même référence

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