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Cinq clés pour comprendre la crise grecque

La crise économique en Grèce affole les marchés internationaux. Elle inquiète aussi les pays de zone euro. Cinq questions pour mieux comprendre cette crise.

Comment en est-on arrivé là ?

Tout d’abord, l’inconscience et l’irresponsabilité des autorités grecques qui ont menti sur l’état réel de leur finances publiques. Ensuite, la spéculation. Et ici, le rôle des agences de cotation est déterminant. Ces dernières accorde à chaque pays une note sur la capacité des pays à rembourser leurs emprunt. Plus cette cote est haute, plus les investisseurs ont confiance dans l’économie nationale. À l’inverse, plus cette cote est basse (ce qui dans le cas de la Grèce n’a fait que s’accroître ces dernières semaines), moins l’on prendra le risque d’investir. C’est l’effet boule de neige.

La contagion est-elle possible ?

Deux réponses s’imposent. Tout d’abord, même si les causes de la crise grecque sont uniques (les autorités grecques ont menti sur les statistiques de leurs finances publiques, impossibilité de rembourser sa dette), les symptômes sont eux, à hauteurs différentes, ceux de plusieurs pays de la zone euro. En effet, et plus particulièrement pour le Portugal, l’Espagne ou l’Irlande, la dette ainsi que le déficit public sont assez importants (c’est aussi le cas aussi, mais dans une moindre mesure de l’Italie, voire de la France ou de la Belgique). La voracité de la finance mondiale spécule sur l’impossibilité potentielle des pays comme la Grèce ou l’Espagne à rembourser leurs dettes, ce qui augmente la méfiance des investisseurs et fait plonger les économies nationales et partant, la compétitivité de la zone euro. Donc contagion il y a, à coup sûr. Mais jusqu’où, c’est l’inconnue.

Pourquoi l’aide à la Grèce a-t-elle tardé ?

La deuxième réponse tient plus au cadre institutionnel européen. Premièrement, il y a divergences de traditions nationales. Entre une Allemagne, moteur de l’économie européenne et adepte de la rigueur budgétaire, et d’autres pays comme la France qui n’ont aucun problème ou d’autres choix que de laisser filer leur dette pour financer leurs dépenses publiques. On comprend dés lors mieux les tergiversations autour de l’aide à accorder à la Grèce. D’autant plus qu’en acceptant de mettre la main à leur portefeuille, certains pays s’exposent encore plus au risque de méfiance des marchés internationaux, surtout si la Grèce ne parvient pas à respecter les conditions d’une telle aide. D’où l’affaiblissement de l’euro face au dollar.

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Doit-on sortir la Grèce de l’euro ?

C’est la grande question. Sortir de l’euro, dans le cas de la Grèce, permettrait de dévaluer sa propre monnaie nationale et de relancer son économie. Cependant, le Traité de Maastricht ne permet pas d’éjecter un mauvais élève ni que celui-ci s’en aille de lui-même. Mais l’on pourrait réformer le Pacte de stabilité (qui établit les critères à respecter dans la zone euro, entre autre en matière de dette et de déficit public) afin que certains mécanismes comme la surveillance, la prévention et la gestion de crise soient présents ou plus efficaces. Et certains que ce soit finalement l’Allemagne, locomotive de la zone euro, qui en sorte.

La fin de la zone euro ?

C’est dés lors l’essence même de la politique monétaire européenne qui serait en jeu. Aucun mécanisme d’entraide n’était prévu dans la zone euro. Les hésitations des pays-membres à réagir rapidement et d’un commun accord pourraient laisser croire aux spéculateurs que d’autres remous – en Espagne et au Portugal – sonneraient le glas d’une politique monétaire commune.

Bertrand Levant

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